« Je ne saurais dire si mes tableaux sont surréalistes ou pas, mais je sais qu'ils sont la plus franche expression de moi-même » Frida Khalo

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Anne-Claire Boshâ : Artiste-peintre aquarelliste

Naît-on artiste ou bien le devient-on ? La vocation d’Anne-Claire Boshâ s’inscrit dès l’enfance, mais résulte également d’expériences de vie et de multiples ressentis. Son champ artistique débute avec l’écriture et la musique pour évoluer vers la peinture. Découvrons le portrait et l’histoire d’une artiste-peintre aquarelliste peu banale qui a installé son art dans le sud de la France en Occitanie. Son atelier prend vie dans une bâtisse, à l’abri du tumulte urbain, où elle est entourée de ses trois chats. Dans cet endroit paisible, envahi par un calme olympien, elle façonne ses œuvres. Elle crée des cellules avec des tonalités vibrantes tout en maniant le pinceau sur des notes de musique.

Les aquarelles de lady Boshâ à mi-chemin entre le fauvisme et l’art abstrait

Lady Boshâ confie : « Je venais de lire l’Aventure de la Conscience de Satprem, disciple de Sri Aurobindo. Je me suis posée devant une grande feuille, et j’ai médité extrêmement longtemps avant de poser mes premières cellules. Ma technique est de tenter de tracer des cercles parfaits au pinceau à l’aquarelle. J’étire une tache de peinture au centre du cercle grâce à l’eau et au papier torchon, un papier très épais comme un buvard. Cela crée des bulles aériennes de couleur, comme des cellules ».
Son procédé pictural qui fait son originalité, devient sa signature. Ses aquarelles musicales sont inspirées par un interprète, un album ou une chanson. « Je trace chacun de mes traits avec l’énergie de la musique, avec le rythme aussi, ce qui insuffle des mouvements et une particularité dynamique aux tableaux, très incroyable ».
À la manière du fauvisme, l’artiste subit ses états d’âme qu’elle livre sans retenue sur ses tableaux. Elle y exprime la rencontre de ses émotions et de sa résilience. Elle représente son quotidien en semant des indices sur certaines de ses toiles laissant entrevoir un chat, un mot, un dragon. Les bulles ou « cellules » inondent ses peintures formant une palette de couleurs enchanteresses qui vibrent en parfaite harmonie.

Quand l’artiste-peintre aquarelliste rencontre son art après un parcours sinueux

Dès son plus jeune âge, sa mère l’initie à la peinture. C’est une activité pour laquelle Anne-Claire Bôsha consacre tous ses week-ends, enfant. Son grand-père, Jacques Houplain, avec qui elle entretenait une connexion profonde, est un graveur de renom dont les œuvres sont encore exposées aujourd’hui. Il lui transmet sa vision de l’art.
À l’adolescence, l’artiste fait face à une page de vie tourmentée, un morceau de vie abîmé dont elle ne sortira pas sans séquelles après un accident. Âgée de 19 ans, lorsque son père décède, elle entame des études pour devenir professeur de français tout en continuant à peindre régulièrement pour illustrer ses carnets de voyage.
Quatorze ans d’enseignement des lettres modernes aux adolescents de la banlieue parisienne la mèneront à une profonde réflexion. Elle décide de quitter le corps enseignant, en quête de sens sur son existence. Une quête qui trouvera brusquement écho après un bilan professionnel à l’issue duquel elle est perçue comme une artiste à 99,9 %. Portée par cette envie forcenée de vivre baignée dans l’art au quotidien, elle opère ce plongeon salvateur. Tout se met alors en place, et se construit comme un puzzle. Elle troque ses carnets de voyage contre des grands formats et pose ses émotions sur la toile.
Elle débute par une série de portraits à l’aquarelle, comme pour chasser tous ses démons enfouis. Tour à tour, portraits et autoportraits envahissent son atelier et font partie de sa période tourmentée cherchant un exutoire. Elle explore ensuite sa palette artistique utilisant des procédés différents avec les collages, les matières, les textures avant de créer sa signature et son style avec les cellules musicales.
L’artiste peintre aquarelliste, dont l’appétence pour l’Art est sans limites, bouillonne sans cesse. Lorsqu’Anne-Claire Boshâ ne peint pas, elle chante, elle expose, elle joue du piano, elle fait du théâtre, elle écrit. À la fin de notre entretien, je l’informe que nous allons structurer l’article. C’est alors qu’elle bafouille, ne comprend pas, et me fait répéter deux fois : « structurer ? .» Et là, je comprends d’où vient la source de son art.

Rédigé par Anne Van de Flaes

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